LA GÉNÈSE
Au commencement, dans sa petite cave sombre aux relents de gerbe, Voltard créa le MagicMixOne™, cet appareil fabuleux qui, sous son air de gueule d’acier inoxydable, multiplia les délicieux festins chez les familles de rentiers qui se l’offraient sans trop d’efforts.
Or sous la demande toujours croissante des ménagères surexcitées, Voltard dit : “que la chaîne de production soit” et la chaîne de production fut. Sans oublier les DRH, les contremaîtres, ou tout autre type de connards névrosés.
Puis face à la pression communautaire naissante, Voltard instaura la prime au mérite : petit billet bleu froissé sans grande valeur, uniquement employable au sein de la franchise, le troisième mercredi du mois suivant. De quoi ravir les plus agité·es.
Et quand l’impôt fut de trop, Voltard china les tabac-presse, et sur la couverture du journal modela le maire à son image, selon sa ressemblance ; et qu’il domine sur les écoles ou les associations locales – comme la cabane de chasse du bois de la Cagne.
Et Voltard eut achevé au septième jour son œuvre qu’il avait faite, et pour se prélasser pénard sur sa large banquette de biffes, Voltard débouchonna une poussiéreuse bouteille de pif, et dit : “buvez, ceci est mon sang”, bien qu’il siffla seul la boutanche.
Mais la plèbe aussi doit se tenir imbibée, et dans un souci de compassion ultime, Voltard organisa le loto du dimanche à la salle des fêtes de Saint-Didier-sur-Treuse, ambiance triple B – beignet, biture et barbecue – qu’il vente, pleuve ou neige.





